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En janvier, le premier ministre Bernard Lord a annoncé la création d'une commission de neuf membres qui devra " identifier des moyens de renforcer la démocratie citoyenne pour tous au Nouveau-Brunswick. " La commission représente un échantillonnage largement représentatif de la population de toutes les régions de la province. Elle remettra son rapport final au premier ministre pour la fin décembre. D'ici là, elle consultera la population par le biais d'audiences publiques, d'un appel à l'envoi de mémoires et d'un site web interactif.
Le premier ministre Lord a créé cette commission parce qu'il était convaincu de la nécessité d'une modernisation du système dans le droit fil de l'évolution du contexte socio-économique dans sa province. Dans un discours récent, il a déclaré qu'un renouvellement de la démocratie exige principalement, et c'est là sa plus grande difficulté, que les gens s'y intéressent et participent. " Malheureusement, la réforme démocratique n'est pas un sujet très accrocheur. Lorsque le système tombe en panne (comme dans le cas du scandale des commandites), les gens préfèrent chercher des coupables que les faiblesses inhérentes au système. " Selon le premier ministre, le plus difficile consiste à convaincre les gens de voir le lien de cause à effet entre la faiblesse des institutions démocratiques et le scandale en cause.
Le gouvernement du premier ministre Charest a l'intention de déposer un projet de loi pendant la session de printemps de l'Assemblée nationale afin de remplacer le système électoral actuel selon lequel c'est le candidat qui obtient le plus de voix qui est automatiquement élu par un système mixte basé à la fois sur certains éléments du système actuel des circonscriptions et sur la représentation proportionnelle. Cette idée est la résultante des élections provinciales de 1998 où les Libéraux avaient obtenu une majorité importante des voix alors que le Parti Québecois avait remporté la majorité des sièges. Une commission créée par le gouvernement péquiste avait recommandé de remanier en profondeur le système électoral, suite à quoi l'opposition libérale s'était engagée à procéder à une réforme lorsqu'elle serait portée au pouvoir.
Même si le Québec veut réformer son système surtout pour rendre la représentation plus équitable, les Québécois ont également fait valoir très clairement, pendant le processus de consultation mené par la commission, qu'ils voulaient aussi conserver des députés qui représenteraient directement une circonscription, d'où la nécessité d'un système mixte. L'une des difficultés que présente un tel système est qu'il crée deux catégories de députés, ceux qui sont élus par les circonscriptions et ceux qui sont issus des listes préparées par les partis. De prime abord, ce système semble avantager les députés de la seconde catégorie en ce sens qu'ils ont plus de temps à consacrer aux activités parlementaires. Mais l'Écosse, avec son système mixte, a pu constater que les députés 'de circonscription' jouissent d'un statut supérieur puisqu'ils l'ont emporté contre des adversaires lors d'une vraie élection. Et certains députés 'de liste' s'associent à une circonscription à laquelle ils s'identifient de manière représenter un secteur géographique et un groupe donné d'électeurs.