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Le Centre Parlementaire en Éthiopie

Les députés éthiopiens réussissent à s’entendre

Depuis que les participants aux discussions de janvier sur les travaux des commissions ont ciblé l’établissement de consensus au nombre des priorités, les députés éthiopiens se sont efforcés ensemble, indépendamment de leur appartenance politique, de trouver un terrain d’entente. Leurs efforts assidus ont abouti à des réalisations considérables, et le Centre parlementaire du Canada a eu le privilège de collaborer avec eux.

L’un des principaux points de discorde entre les partis politiques de la Chambre des représentants du peuple (CRP) portait sur les règles et procédures régissant la Chambre. Son président, l’honorable ambassadeur Teshome Toga, a admis qu’il fallait régler la question. En vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés, il a invité des consultants étrangers à réaliser des études comparatives, dont deux (soit celles de l’Inde et du Canada) ont été financées par le Centre parlementaire dans le cadre de son projet en Éthiopie. M. G.C. Malhotra, ancien secrétaire-général de la Lok Sabha en Inde, et M. W.H. (Binx) Remnant, ancien greffier de l’Assemblée législative du Manitoba, de concert avec des collègues d’Allemagne et du Royaume-Uni, ont présenté leur analyse conjointe au président de la Chambre en février. Au moment opportun, l’analyse a servi de base aux négociations qui, en juin, ont abouti à un accord décisif (voir ci-dessous).

Les députés éthiopiens s’intéressent vivement aux questions liées à l’intégration économique. Grâce au soutien du Centre parlementaire, un atelier sur l’Accord de partenariat de Cotonou s’est tenu en mars et un autre, sur l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a été organisé en mai. Le premier a donné l’occasion à plus d’une centaine de députés d’approfondir leur compréhension de l’Accord et d’échanger sur la manière dont ils pourraient encadrer sa mise en œuvre de manière à accélérer la réduction de la pauvreté en Éthiopie. Le second a réuni au total trente députés, dont des membres de la Commission du commerce et de l’industrie de la CRP, et leur a permis de se familiariser davantage avec les règles de l’OMC et de renforcer leurs capacités à surveiller les préparatifs du gouvernement en vue de son adhésion à l’OMC.

Toujours en collaboration avec la CRP, le Centre parlementaire a convié des leaders parlementaires, des whips de partis et des membres éminents de commissions à un dialogue multipartite sur l’établissement de consensus qui s’est tenu à Adama (Nazareth), du 26 au 28 mai. En compagnie d’homologues canadiens et éthiopiens et d’experts éthiopiens, les participants ont discuté des traditions locales pour parvenir à un consensus; des principes et méthodes régissant la prise de décisions en commission; de questions transpartisanes, ainsi que des enjeux liés à la participation du public et au genre. Après avoir échangé leurs points de vue sur chaque thème, ils ont élaboré une liste restreinte de directives à l’intention de la CRP, dans le but d’encourager les attitudes et les comportements propices au consensus. Ces directives seront diffusées à plus grande échelle plus tard cette année.

Pour important que soit le résultat du renforcement des connaissances techniques, les députés des partis au pouvoir et de l’opposition ont travaillé à améliorer les rapports entre eux. « Après réflexion , a confié un député, nous avons changé nos présupposés respectifs. » « Maintenant, je peux communiquer à un niveau personnel avec des gens avec qui je ne pouvais pas le faire avant », a écrit un autre député plus tard. À ce propos, voici ce qu’on pouvait lire dans un éditorial paru dans The Ethiopian Herald le 31 mai :  [ Traduction ]

La participation commune du parti au pouvoir et des partis de l’opposition à un atelier visant à l’établissement d’un consensus national est très encourageante. Les partis n’ont pas à s’entendre sur chaque détail et chaque orientation qu’ils proposent pour pouvoir travailler ensemble. En effet, pourvu qu’ils s’accordent sur les grandes lignes des questions d’intérêt national, ils auront amplement l’occasion de collaborer en vue de promouvoir l’intérêt général et national.

Selon un haut fonctionnaire parlementaire, cette activité a déjà permis l’adoption de plusieurs projets de loi par consensus.

Bien que le projet loi révisant les procédures de travail et code de déontologie des députés n’ait pas été adopté par consensus – il a été adopté par un vote à la majorité le 5 juillet –, le fait que l’analyse faite par des consultants étrangers ait été examinée de façon exhaustive, que les négociations de juin aient abouti et que le projet de loi ait été déposé à la Chambre sont, en eux-mêmes, des signes d’une culture d’ouverture, de confiance et de compréhension mutuelle que les députés ont commencé à développer. Comme le faisait remarquer la revue éthiopienne Fortune, [ Tr a duction ] « La négociation sur le Code de déontologie des parlementaires pourrait s’avérer un jalon dans la vie politique en Éthiopie. Les politiques ont manifesté une volonté sans précédent de parvenir à un accord. »

Le projet de loi instituera notamment une commission des comptes publiques présidée par un député de l’opposition, un mécanisme pour le dépôt de propositions de loi d’initiative parlementaire et des journées de l’Opposition, de même qu’il accroîtra la fréquence des périodes de questions à la CRP.

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