La conférence régionale du Mécanisme africain d’examen par les pairs (MAEP) a été convoquée par le Africa Leadership Forum (ALF), une organisation non gouvernementale créée en 1998 par le président nigérien Obasanjo et dont le principal objectif est de favoriser l’épanouissement des talents de leadership en Afrique par le réseautage, la discussion de sujets d’actualité et l’échange d’idées sur les pratiques exemplaires. Comme le NEPAD fait du bon leadership l’une des conditions d’un développement durable en Afrique et puisque le MAEP est le vecteur qui permet de contrôler l’efficacité de ce leadership, le ALF a pris l’initiative de convoquer cette conférence.
Et puisque le programme du NEPAD est prêt à entamer la phase de l’examen par les pairs, le ALF a organisé la conférence régionale afin de familiariser les parlementaires et la société civile avec les principes et le processus du MAEP. La conférence devait également servir de forum aux parlementaires et à la société civile afin qu’ils puissent élaborer des stratégies en vue de leur participation à la mise en place du MAEP.
Les sessions ont commencé par les exposés des personnes-ressource, puis par une déclaration d’envoi, après quoi les participants se livrèrent à une discussion générale. Les intervenants ont évoqué, entre autres, les questions suivantes:
- Le MAEP se veut un mécanisme africain, cela veut-il dire qu’il appartient en propre aux chefs d’État ou au peuple africain qui leur ont donné mandat de les diriger?
- Le MAEP est-il fait pour et par le peuple, ou appartient-il aux partenaires du NEPAD qui fournissent les ressources financières?
- Les gouvernements participants ouvriront-il l’examen à la population et aux autres gouvernements?
- Les gouvernements sont-ils prêts à faire intervenir le peuple pendant les cinq phases du processus d’examen?
- Le secrétariat du MAEP a-t-il des moyens financiers, des compétences et un personnels suffisants pour procéder à l’examen des 15 pays (ou plus) qui ont adhéré au mécanisme?
- Puisque l’examen est un processus politique et non juridique, comment les citoyens peuvent-ils avoir l’assurance qu’il ne s’arrêtera pas au niveau des chefs d’État?
- Compte tenu du fait que les États engagés sont tous différents par leur taille et leur puissance relatives, les plus gros et les plus puissants d’entre eux vont-ils accepter les recommandations des pays plus petits et plus faibles; et les recommandations des premiers ne seront-elles pas considérées comme de l’intimidation par les seconds?
En sa qualité de personne-ressource, l’Hon. Priscilla Misiharabwi-Mushonga du Réseau pour l’égalité entre les sexes a présenté une analyse du processus et de la gestion du MAEP en insistant plus particulièrement sur la participation des femmes. Elle a fait notamment valoir que le NEPAD est l’assise du MAEP et que, si on reproche au premier d’être indifférent aux questions d’égalité, cette critique vaut également pour le second. Par exemple, les résultats obtenus par un pays sont censés être analysés sous l’angle d’éléments qui ne font pas mention de l’inégalité entre les sexes, donnant ainsi à penser que les problèmes d’inégalité entre les sexes ne recevront pas l’attention qu’ils méritent. Elle a également relevé que les nominations aux différentes structures du MAEP posent également problème en raison de l’idée fausse voulant que les femmes ainsi nommées étaient sensibles aux problèmes d’inégalité. S’agissant du processus proprement dit, qui est assorti de consultations avec toutes les parties prenantes du pays, Priscilla a demandé comment et qui les équipes d’examen allaient consulter afin d’obtenir l’opinion des femmes étant donné que celles-ci ne constituent pas un groupe organisé.
En ce qui concerne le rôle des parlementaires dans le processus du MAEP, le groupe a conclu que:
- Les avis étaient unanimes quant à la nécessité de faire participer activement les parlementaires afin que le processus réussisse, puisque les parlementaires sont en contact direct avec le peuple.
- Il importe que les parlementaires comprennent le modus operandi du MAEP afin de pouvoir informer le peuple et de mobiliser les appuis à cet égard.
- Dès leur retour dans leurs pays respectifs, les parlementaires prendraient l’initiative en demandant à leurs gouvernements de leur faire officiellement rapport au sujet du MAEP.
- Les parlementaires réclameront l’institutionnalisation du MAEP.
- Les parlementaires exigeront les fonds nécessaires pour faire connaître le MAEP et réunir les appuis nécessaires.
- Outre les comités parlementaires saisis des différents éléments devant faire l’objet d’un examen, il est impératif de créer un comité de coordination qui servira de point de contact entre le parlement et le personnel du MAEP.
- Vu le peu de temps accordé pour la discussion de cette question, un autre forum devra être organisé afin d’élaborer une stratégie de participation détaillée.
Dans le droit fil de la conférence, le Réseau entend maintenant aider les groupes parlementaires féminins des pays engagés dans le MAEP (Rwanda, Kenya, Ghana, etc.) de manière à pouvoir suivre de près le déroulement du processus d’examen.
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