Coalition de parlementaires africains contre le VIH et le SIDA (CAPAH)
Sommaire
La Coalition de parlementaires africains contre le VIH et le SIDA (CAPAH) est un réseau panafricain regroupant des parlementaires africains partageant les mêmes opinions et qui désirent contribuer davantage aux mesures mises de l’avant pour enrayer la pandémie VIH/SIDA. Les membres de la CAPAH veulent que les parlementaires jouent un plus grand rôle dans les domaines de la promotion, de l’élaboration de politiques et du suivi afin d’accroître leur participation à la lutte contre le VIH/SIDA. Ce réseau offre une occasion aux membres des quatre coins du continent d’échanger les leçons apprises et de créer une communauté de pratique dévouée à assumer un solide leadership en matière de VIH/SIDA.
Contexte
De récentes études révèlent que le niveau de contribution des assemblées législatives à l’élaboration d’une réponse à la pandémie du VIH/SIDA en Afrique est plutôt faible. En effet, la participation et la surveillance parlementaires en matière d’élaboration de politiques et de programmes de lutte contre le VIH/SIDA ne sont pas suffisantes.
En tant que représentants du peuple et eu égard du rôle de surveillance des parlements en matière de dépenses budgétaires, les parlementaires doivent représenter les intérêts des électeurs. Pour remplir ce rôle, ils sont appelés :
- à adopter des lois pour protéger les droits des personnes vivant avec le VIH et le SIDA;
- à veiller à la bonne mise en œuvre des programmes;
- à superviser l’affectation des ressources suffisantes aux programmes nationaux de lutte contre le VIH et le SIDA;
- à lutter contre la stigmatisation du VIH et du SIDA, et à promouvoir la sensibilisation à cette maladie.
Dans certains pays africains, l’exécutif assure un leadership fort dans le combat contre le VIH et le SIDA. Cela étant, même dans ces pays, le rôle des législateurs demeure capital. La plupart des députés se heurtent, dans leurs circonscriptions respectives, à la réalité du VIH et du SIDA. Maladie, funérailles, orphelinage et veuvage, tel est leur lot quotidien. Leur rôle tant sur le terrain que dans le processus décisionnel ne saurait être sous-estimé.
Pourquoi les parlementaires ne jouent-ils pas un rôle plus actif dans les dossiers liés au VIH et au SIDA?
Visions stratégiques ou endurance politique
La plupart des représentants élus ont des projets à court terme, la durée de leurs mandats étant fonction de cycles électoraux de 4 ou 5 ans. Le besoin de survivre aux prochaines élections entre en conflit avec l’impératif d’assurer la postérité de son œuvre. La stigmatisation associée à la maladie rend le VIH et le SIDA un dossier délicat et politiquement périlleux à piloter.
Faible capacité de surveillance
La plupart des pouvoirs exécutifs africains ne rendent pas de comptes au parlement sur des questions liées au VIH et au SIDA. En revanche, les parlementaires considèrent que le problème est foncièrement un problème sanitaire qui exige principalement l’intervention de l’exécutif.
Commissions parlementaires chargées du dossier VIH/SIDA
Bien que le Forum parlementaire de la SADC (SADC-FP) ait recommandé que les parlements africains mettent sur pied des commissions parlementaires chargées spécifiquement du dossier VIH/SIDA, très peu de parlements l’ont fait, essentiellement pour des raisons budgétaires.
Les membres de ces commissions parlementaires sont choisis par les chefs des partis politiques, lesquels tiennent rarement compte de l’engagement des députés dans le dossier du VIH et du SIDA.
Absence de réponse institutionnelle
Peu d’études ont été réalisées sur les implications du VIH et du SIDA auprès des parlements. Les programmes en milieu de travail destinés aux parlementaires sont peu nombreux et plutôt faibles.
Formation
Il est clair que les formateurs n’ont pas réussi à sensibiliser les législateurs à l’importance de l’imbrication de leur obligation constitutionnelle et légale, d’une part, et les conditions politiques, économiques et sociales de leurs circonscriptions, d’autre part. Par ailleurs, les parlementaires manquent de formation sur les enjeux complexes du VIH et du SIDA et sur les implications stratégiques qui ne consistent pas uniquement à élaborer de meilleurs programmes de santé.
Formation de la Coalition de parlementaires africains contre le VIH et le SIDA
En plus de renforcer les comités parlementaires sur la santé et le VIH/SIDA pour augmenter la surveillance parlementaire sur les questions de VIH/SIDA, un groupe de législateurs africains provenant de près de 30 pays a créé la Coalition de parlementaires africains contre le VIH et le SIDA (CAPAH) en février 2006. Les membres fondateurs croyaient que malgré l’existence d’initiatives régionales pour soutenir et promouvoir le travail des parlementaires contre le VIH/SIDA, il n’y avait aucun organisme panafricain pour bâtir des partenariats et tisser des liens entre les législateurs du continent sur les questions relatives au VIH/SIDA. Les participants pensaient qu’un réseau de députés dévoué à la lutte contre le VIH/SIDA pourrait mobiliser les parlementaires, promouvoir une surveillance accrue de la pandémie de leur part et créer une communauté de pratique pour partager les expériences et s’appuyer dans ces initiatives.
Mandat
La CAPAH veut être un réseau de parlementaires apolitique, sans but lucratif, désirant conjuguer ses efforts en matière de VIH/SIDA. La CAPAH collaborera avec les institutions existantes et les organismes régionaux, tels que le Forum parlementaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), afin que les échelons de gouvernance régionale, nationale et panafricaine fassent de la question du VIH/SIDA une priorité et en assure le suivi.
Objectifs
Les membres fondateurs de la CAPAH se sont entendus sur les objectifs suivants :
Création de capacités
- Munir les députés de capacités afin qu’ils exercent efficacement leur rôle de surveillance de toutes les questions relatives au VIH/SIDA
- Demander au gouvernement et à la communauté des donateurs à l’échelle locale et internationale de mobiliser et de coordonner les ressources en vue de mettre sur pied les activités de la CAPAH
Création d’environnements positifs
- S’assurer que les éléments de prévention, de soins, de soutien et d’atténuation des impacts sont incorporés dans les plans de développement nationaux, y compris les stratégies de réduction de la pauvreté, les affectations budgétaires nationales ainsi que les programmes et les plans de développement sectoriel
- S’assurer que les stratégies multisectorielles et les plans financiers abordent l’épidémie de façon performante et efficace
- Renforcer ou élaborer des lois, des règlements et autres mesures visant à éliminer toute forme de discrimination à l’endroit des personnes atteintes du VIH/SIDA et des membres des groupes vulnérables, tels que les enfants orphelins
- Créer un environnement positif pour les organisations locales et nationales afin d’élargir et de renforcer les partenariats, les coalitions et les réseaux dévoués à la lutte contre le VIH/SIDA
- Faciliter la participation du public aux travaux des parlementaires africains sur les questions de VIH/SIDA
Collaboration et partenariats
- Favoriser une collaboration accrue et la formation de partenariats innovateurs entre les députés et la société civile au pays et à l’étranger dans la lutte contre le VIH/SIDA
- Travailler de concert avec les coalitions régionale, nationale, internationale et panafricaine similaires
Promotion
- Faire la promotion de cadres de travail juridique et politique qui protègent les droits et la dignité des personnes atteintes du VIH/SIDA
- Souligner l’importance de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes comme éléments fondamentaux dans la réduction de la vulnérabilité des femmes et des filles atteintes du VIH/SIDA
- Combattre l’opprobre, le silence et la dénégation et s’assurer de la participation des personnes atteintes du VIH/SIDA et des membres des autres groupes vulnérables aux stratégies de lutte contre la pandémie
La CAPAH propose d’atteindre ses objectifs au moyen des activités suivantes :
- Lancer des projets qui permettront à la coalition d’atteindre ses objectifs
- Cerner et partager les leçons apprises à l’échelon régional dans les mesures mises de l’avant par les parlementaires pour lutter contre le VIH/SIDA
- Organiser une réunion entre les députés et les intervenants intéressés afin de partager leurs expériences relativement aux mesures mises de l’avant par les parlementaires pour lutter contre le VIH/SIDA
- Faire pression (par l’entremise de représentants nationaux) en vue d’allocations budgétaires accrues pour les programmes nationaux destinés au VIH/SIDA; plus encore, s’assurer que les sommes se rendent bel et bien au gouvernement local
Comité directeur de la CAPAH
Un comité directeur provisoire a été élu en février 2006 avec pour mission de rédiger les documents fondateurs et guider l’expansion du Réseau au cours de l’année prochaine. Le Comité est composé des parlementaires suivants :
Présidente : L’hon. Lediana Mafuru Mng’ong’o, députée – Tanzanie
Vice-président : L’hon. Justin C. Malewezi, député – Malawi
Secrétaire : L’hon. Akua Dansua, députée – Ghana
Vice-secrétaire : L’hon. Blessing Chebundo, député – Zimbabwe
Résultats obtenus à ce jour par la CAPAH
En six mois d’existence, la CAPAH a sensibilisé la communauté internationale sur l’importance de la place que peuvent occuper les parlementaires pour obliger les gouvernements à rendre des comptes par rapport aux mesures mises de l’avant pour enrayer la pandémie du VIH/SIDA. Bien que les membres de la CAPHA aient pris la parole à plusieurs événements parlementaires du Commonwealth, c’est dans le cadre du XVI e Congrès international sur le SIDA tenu à Toronto que la CAPHA a prononcé son plus important discours à ce jour; les décideurs politiques, les organismes de la société civile, les chercheurs et représentants gouvernementaux étaient du nombre des participants à l’événement.
La CAPAH a demandé que le Centre parlementaire, une ONG internationale basée au Canada qui se consacre au renforcement de l’efficacité des assemblées législatives à travers le monde, fasse office de son secrétariat.
La personne-ressource pour la CAPAH au Centre parlementaire est Annie Gingras
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